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FEDERATION ORGANISATIONS AUTOCHTONES GUYANE - FOAG

«doctrine de la découverte»

10 Mai 2012 , Rédigé par FEDERATION ORGANISATIONS AUTOCHTONES GUYANE- FOAG

Le COE désavoue la doctrine utilisée contre les populations autochtones

28.02.12

 

«La découverte de l'Amérique, 12 mai 1492: Christophe Colomb érige la croix et baptise l'île de Guanahani en lui donnant le nom chrétien de San Salvador», gravure sur cuivre de Théodore de Bry (1590).

Lors d'une récente réunion, le Comité exécutif du Conseil œcuménique des Églises (COE) a dénoncé le recours à la «doctrine de la découverte» pour assujettir et coloniser les populations autochtones. Le Comité exécutif a publié une déclaration affirmant que cette doctrine est par nature «complètement opposée à l'Évangile de Jésus».  

 

La déclaration a été élaborée lors d'une réunion organisée du 14 au 18 février à Bossey (Suisse). Elle appelle instamment à rejeter cette doctrine, qui a contribué à l'asservissement des populations autochtones au nom du christianisme.

 

L'origine de la doctrine remonte aux bulles pontificales émises par le pape Nicolas V en 1452 et 1455, permettant l'invasion et le massacre des populations autochtones.  

 

Ces documents historiques de l'Église, les bulles Dum Diversas et Romanus Pontifex, préconisèrent de capturer et soumettre les populations non chrétiennes et de s'emparer de tout ce qu'elles possédaient au nom des monarques chrétiens.

 

La déclaration du Comité exécutif souligne que, dans l'esprit de cette doctrine, «Christophe Colomb avait reçu l'ordre, par exemple, de "découvrir et conquérir" ainsi que d'"assujettir" les terres éloignées, et d'en "prendre possession".»

 

Des pays européens tels que l'Espagne, le Portugal, l'Angleterre, la France et les Pays-Bas ont appliqué cette doctrine. Intégrée dans le droit des États-Unis d'Amérique, la doctrine a été citée dans l'affaire Johnson contre M'Intosh en 1823, et elle a également été utilisée dans des décisions de justice en Australie, au Canada et en Nouvelle-Zélande.

 

Ainsi, la déclaration du Comité exécutif affirme que «la situation actuelle des populations autochtones dans le monde résulte d'un programme linéaire de précédents "juridiques" remontant à la doctrine de la découverte, aujourd'hui codifiés dans le droit et les politiques des États contemporains.»

 

La déclaration rejette l'idée portée par la doctrine, selon laquelle les chrétiens jouiraient d'un droit moral et légal à envahir et s'approprier les terres autochtones et à dominer les populations autochtones.


Les droits des populations autochtones

 

Dénonçant la doctrine de la découverte comme une violation des droits de la personne, la déclaration se prononce en faveur des «droits des populations autochtones à vivre sur leurs terres et territoires traditionnels, à les conserver et à entretenir et enrichir leurs cultures.»

 

Beaucoup d'Églises font des efforts pour rejeter la doctrine et protéger les droits des populations autochtones. La déclaration du Comité exécutif mentionne les efforts entrepris par des Églises aux États-Unis et au Canada, comme les diocèses épiscopaux du Maine et de New York centre, ainsi que l'Assemblée annuelle de Philadelphie de la Société religieuse des Amis.

 

L'Église épiscopale, l'Église anglicane du Canada, plusieurs Églises unitariennes universalistes et des organisations quakers ont également désavoué la doctrine, indique la déclaration.

 

La doctrine de la découverte sera cette année le thème de la 11e session de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones (UNPFII) et, dans ce contexte, la déclaration du Comité exécutif insiste sur la nécessité de sensibiliser les Églises à cette question.

 

La session de l'UNPFII se déroulera du 7 au 18 mai 2012 à New York.

 

Ainsi la déclaration du Comité exécutif exhorte-t-elle les Églises et les organisations œcuméniques à se mobiliser et à participer au processus de l'Instance permanente sur les questions autochtones.

 

La déclaration appelle les gouvernements à «veiller à ce que leurs politiques, règlements et lois affectant les populations autochtones respectent les conventions internationales, en se conformant en particulier à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et à la Convention no 169 de l'Organisation internationale du travail.»

 

Par cette déclaration, le COE réaffirme son engagement en faveur des droits des populations autochtones en demandant à chacune de ses Églises membres de «réfléchir à sa propre histoire nationale et ecclésiale» et de s'efforcer de mieux comprendre les problèmes auxquels les populations autochtones doivent faire face.

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